Prix de l'Arc de Triomphe J-1. Françis-Henri Graffard évoque DARYZ et VARANDIR
Publié
Par Stéphane Davy
Françis-Henri Graffard (photo) sellera deux partants dans l'édition 2026 du Prix de l'Arc de Triomphe. Verbatim.
Françis-Henri Graffard : "DARYZ a pris beaucoup de force..."

Françis, que pouvez-nous nous apprendre sur les derniers travaux de DARYZ ?
Le travail s'est bien passé mardi matin sur les pistes de Chantilly. Il y avait quatre chevaux dans le galop. DARYZ était en quatrième position. Il est bien venu sur la main de son jockey, finir facilement. Ensuite, il ne soufflait pas plus que ça. Mickaël [Barzalona] avait l'air très content. Ce qui était positif, c'est qu'il l'a trouvé très tonique – plus qu'avant le Prix Foy. Le cheval était très bien physiquement. C'était un travail comme je l'espérais avant l'Arc. Depuis le Prix Foy, il y a eu la phase de récupération de la course. Après, on ne l'a pas vraiment laissé tranquille depuis le Foy, parce que dans l'Arc, il faut vraiment être à 100 %. Je vous dirais que les 15 derniers jours avant l'Arc sont stressants. Le travail de la semaine dernière et surtout le travail de ce matin, ce sont des étapes primordiales. Ça s'est bien passé et le cheval est bien rentré. Maintenant, ça va juste être de l'entretien jusqu'à la course. Et ça c'est dans les mains de son cavalier du matin. J'espère ne pas avoir quelque chose qui me déplaise dans les prochains jours, mais normalement, maintenant, on va juste s'attacher à ne rien changer à sa routine et à l'emmener aux courses comme ça jusqu'à dimanche. Après, il ne faut pas qu'il y ait un événement surprenant qui se passe à
côté de lui, qui serait inhabituel. Mais on fait attention à ce que ça ne se produise pas.
DARYZ a-t-il changé cette année ?
C'est un cheval qui a toujours eu beaucoup de personnalité. Il est assez dominant. Il s'était très bien comporté le jour du Qatar Prix de Arc de Triomphe avant la course. Mais le challenge, quand vous gardez un mâle de 4 ans à l'entraînement, c'est qu'il ne prenne pas trop le dessus. Il faut garder son focus sur son travail. J'ai été obligé de changer son cavalier du matin parce que DARYZ avait commencé à prendre le dessus sur son cavalier
d'avant. Parfois, les binômes ne fonctionnent plus. On a pris cette décision qui n'était pas facile. Cela a permis à DARYZ de se concentrer sur son travail. En plus, il a pris beaucoup de force. C'est un cheval qui est très imposant physiquement. Il se sent bien dans sa peau d'où l'importance d'être très concentré sur son entraînement au quotidien. L'hiver, ce sont toujours des mois difficiles quand on ralentit les chevaux. DARYZ commençait à devenir trop compliqué à gérer le matin. J'ai changé son cavalier en mettant quelqu'un – Jean-Philippe Bresler – qui a beaucoup d'expérience et qui savait comment mettre au travail et se faire respecter par le cheval. Tout est rentré dans l'ordre rapidement. Je n'ai jamais douté qu'on arriverait à gérer le cheval, mais il a fallu prendre une décision assez catégorique et triste. Je remercie d'ailleurs Guillaume, son ancien cavalier, qui a été très coopératif et qui a compris pour le cheval et l'équipe que c'était important de changer. Son nouveau cavalier, Jean-Philippe Bresler, est très expérimenté. Il a gagné l'an dernier les Trophées du Personnel des Courses et de l'Élevage. Il devait partir à la retraite le 1er octobre… mais finalement il a retardé son départ !
Quelle est l'importance du terrain et de la distance pour
DARYZ ?
DARYZ a besoin de rythme. Plus il y a de rythme, meilleur il est, parce que c'est un cheval qui a une énorme faculté d'accélération. Je pense que sur 2.000 mètres en bon terrain, il
est dévastateur. Pour moi, la raison pour laquelle il a gagné l'Arc l'année dernière en terrain souple, et sur 2.400 mètres, c'est juste parce que c'est un très très bon cheval. Ce n'est pas grâce au terrain qu'il a gagné l'Arc l'année dernière. Et je serais plutôt content de le voir en bon terrain produire son accélération dévastatrice.
Où se situe DARYZ dans la liste des meilleurs chevaux entraînés par Francis-Henri Graffard ?
DARYZ m'a impressionné, notamment dans l'Ispahan et le Ganay. C'est un cheval qui n'est pas du tout démonstratif le matin, qui a plutôt une action assez piquée le matin. Et c'est vrai que le développement du power qu'il peut produire dans son accélération, ça m'avait vraiment bluffé au printemps. Dimanche, bien sûr, ça va être un test et c'est difficile, mais en termes de physique et de capacité d'accélération, je pense que c'est le meilleur cheval que j'ai entraîné pour l'instant.
Revoir la victoire de DARYZ dans le Qatar Prix de l'Arc de Triomphe 2025
DARYZ (Mickael BARZALONA) bat MINNIE HAUK dans l'édition 2025 du Qatar Prix de l'Arc de Triomphe.
Quels jockeys monteront les deux chevaux ?
Mickaël Barzalona va monter DARYZ, et Clément Lecœuvre va monter VARANDIR.
Que penser de VARANDIR ?
VARANDIR est un poulain qui était assez immature mentalement et physiquement. C'est un cheval qui transpire assez vite car je pense qu'il était un peu soft mentalement. On a fait un parcours plutôt classique. Il a disputé le même maiden que DARYZ l'année dernière à Longchamp et il avait très bien gagné. On a été en progression. Tout cela nous a amené à tenter notre chance dans le Grand Prix de Paris avec un cheval qui reste assez immature.
Il a très bien couru. Il est quatrième tout près. En revanche, on a vu un véritable changement au cours de l'été. Le cheval est devenu plus souple physiquement et mentalement, je le trouve mieux. Il a vraiment fait des progrès. J'arrivais sur le Prix Niel avec plus de confiance dans le cheval. Sachant qu'il avait vraiment progressé et il l'a confirmé dans le Niel où il a gagné de belle manière. En conclusion, c'est un 3 ans qui vient de gagner l'une des préparatoires au Prix de l'Arc de Triomphe et qui est en plein progrès. Il a tout à fait le droit de tenter sa chance et d'être compétitif. Vous avez dit qu'il était très immature mentalement et physiquement au début de l'année.
Un match DARYZ / VARANDIR ?
Nemone Routh : "Personnellement, je pense qu'entre les deux, DARYZ est mieux pour le moment. C'est le meilleur cheval. Mais VARANDIR est en plein progrès. On sait qu'il a un avantage de poids. Ça va dépendre un peu des numéros à la corde et des parcours qu'ils ont. On n'a pas vraiment de course à courir avec VARANDIR. Il est aussi par Zarak, qui est un de nos étalons. Ça veut dire que ça semble un peu idiot de ne pas laisser courir alors qu'il est par l'un de nos étalons maison. C'est un très beau cheval, qui a finalement un peu le même profil que DARYZ l'année dernière.
Francis-Henri Graffard : "Je suis tout à fait d'accord. Après, c'est la première fois que les 3 ans, sur cette distance-là, vont rencontrer les vieux chevaux. Et on va pouvoir voir si la génération de 3 ans est une génération de qualité ou pas. C'est pour ça que l'Arc est une course si spéciale. DARYZ est en ce moment le meilleur cheval. Mais on a pensé qu'on devait courir VARANDIR."
(Source Conférence de Presse organisée par France Galop)
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